Dans une lettre de cadrage envoyée le 26 juillet 2018, le gouvernement a indiqué qu’il entendait supprimer 1 600 postes de fonctionnaires (équivalent temps plein) au ministère des Sports pour la période 2018-2020. C’est la moitié des effectifs actuels !

Pour le gouvernement, les réductions devraient viser « une transformation du mode de gestion des conseillers techniques sportifs (CTS) et [...] la réduction de leur nombre, ainsi qu’une rationalisation des services déconcentrés ».

Payés par l’État, les conseillers techniques sportifs - créés à la fin des années 1950 -  sont répartis dans les fédérations sportives. Ils « contribuent directement à la mise en œuvre de la politique sportive de l’État et sont garants de la cohérence entre les projets sportifs des fédérations et les orientations prioritaires du ministère ».

Sans ces personnes, moins d'accessibilité pour le sport amateur, moins de moyens pour les disciplines peu en vogue, pour le bien-être collectif et le vivre-ensemble, pour la pratique...

Le ministère devra donc ponctionner d’autres secteurs pour conserver sa politique. À moins qu’il ne fasse le choix délibéré de laisser les fédérations sans moyens humains, ce qui entraînerait celles-ci à trouver d’autres sources de financement. Comme il n’est pas question de transferts de charge vers les collectivités territoriales (régions par exemple), le mouvement sportif, et notamment les fédérations les moins « riches » devront-elles en passer par le financement privé au risque de perdre la maîtrise de leur politique ?

Mme Roxana Maracineanu devra présenter, avec Matignon, les « orientations », la « méthode » et le « calendrier » de ces suppressions « dans les prochaines semaines », selon Matignon.

De plus, le Premier ministre envisage une réduction de 30 millions d’euros du budget de ce ministère pour la loi de finances 2019. Il passerait de 480 à 450 millions, soit une baisse d’environ 6 %. Rappelons que le budget 2018 avait déjà été marqué par une forte baisse d’environ 7 %.

Nous estimons qu’il s’agit de l’abandon du développement d’une politique sportive cohérente et ambitieuse… alors que notre pays va accueillir les Jeux Olympiques en 2024.

Il faut au contraire accorder des moyens nécessaires au développement des activités physiques et sportives pour toutes et tous. Il est indispensable de mettre en place un grand plan national de rattrapage des équipements sportifs pour l’enseignement de l’éducation physique et sportive à l’école et l’accès aux activités physiques et sportives pour le plus grand nombre.

Notre Comité Territorial des Pyrénées-Atlantiques de la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade exprime donc sa très vive inquiétude devant ces annonces qui toucheront de plein fouet notre fédération. Ses missions – au service de tous et des territoires – en seront atrophiées.

Nous demandons à notre fédération, dans l’unité avec le mouvement sportif, d’exprimer sa volonté d’accorder les moyens nécessaires au développement du sport avec un budget à 1% du budget de l’État.

Le CT64 FFME